ASSOCIATION
EMPREINTES CITOYENNES

Encourager la citoyenneté active

Talens des cités
CGET

La citoyenneté

Une citoyenneté en crise 

Citoyenneté en crise

La citoyenneté ? Le citoyen ne s’y intéresse plus, il n’y croit plus, il rejette son devoir de citoyen en signe de protestation, de déception, de crispation, d’indifférence ou encore pire d’une atterrante ignorance.

Plusieurs signes semblent témoigner que le citoyen traverse une crise de confiance profonde : en ses représentants, en son système politique… en sa propre capacité à agir pour sa Cité.

Chaque semaine apporte son lot de témoignages sociétaux qui incarnent le désintérêt pour la vie politique, l’abstention aux élections, la défiance à l’égard des élus, la hausse des incivilités, la baisse de l’engagement local politique, le renforcement des clivages sociaux, le repli sur soi, la radicalisation, la ghettoïsation, la méfiance, le communautarisme, l’égoïsme…

 

Quelques chiffres révélateurs de cette situation délicate :

  • 75 % des collectivités considèrent que la citoyenneté est en crise
  • 88 % des collectivités considèrent qu’elles ont une responsabilité dans l’émancipation citoyenne
  • 59 % des collectivités affirment que la citoyenneté relève de spécificités territoriales
  • 87% des citoyens interrogés pensent qu’il y a peu ou pas de prise en compte de leur avis par les responsables politiques
  • 69% des citoyens interrogés estiment que la démocratie ne fonctionne « pas très bien »

Sources : Enquête « Empreintes Citoyennes »© – Février 2015 / CEVIPOF – Baromètre confiance

Alors à chacun sa cause… quand certains évoquent une responsabilité systémique : l’inaptitude criante des institutions à répondre aux besoins de notre société en mutation, l’incompétence des politiques, la manipulation médiatique, l’exaspérant libéralisme, l’affligeante oligarchie, l’apprentissage désuet… d’autres rappels des imputabilités plus personnelles : exacerbation de l’individualisme, hégémonie du dépassement de soi, quête de l’épanouissement personnel…

La citoyenneté est donc victime d’une crise de sens… mais ce n’est pas tout ! Elle subit également une crise de pratique. Les citoyens sont résignés, égarés, ils se sentent impuissants, ils se désinvestissent de la vie de la Cité… Redonner confiance, réenchanter, former les citoyens et construire une citoyenneté active, telles sont les missions que les personnes de progrès auront la charge de construire dans cette décennie et les suivantes.

 

La citoyenneté est un espace de ralliement

La citoyenneté permet à l’individu, dans la sphère publique, de s’exprimer en tant que citoyen, et ainsi de faire abstraction de tout autre appartenance (sociale, culturelle, religieuse, etc.). La citoyenneté n’est donc pas « une identité parmi d’autres », mais bien un statut qui libère l’individu de ses appartenances. La citoyenneté joue donc un rôle spécial, elle remplit une fonction de liaison sans annihiler l’individu et en respectant ces codes tribaux. Son appropriation voir sa récupération représentent une opportunité, un outil pour répondre aux défis sociétaux car elle seule peut prétendre à construire l’unité.

 

Le mot « citoyenneté » a un sens trop souvent perdu ou ignoré

Nuage de mot citoyenneté

Œuvrer pour la citoyenneté exige de se défaire de l’idée que cette notion n’aurait qu’une et une seule définition, qu’elle ne présenterait d’intérêt que philosophique ou encore qu’il ne s’agirait que d’un statut défini par l’État.

Si la citoyenneté est considérée comme un statut social, conférant un ensemble de droits et d’obligations, formels ou informels, qui exige que les individus prennent part aux affaires de la Cité et participent activement aux affaires publiques ; Il est toutefois nécessaire de dépasser cette définition purement juridique, pour inclure dans l’approche de la citoyenneté une dimension plus locale et plus pratique.

La question de ce qu’est la citoyenneté et de ce qui la constitue doit revenir dans la préoccupation des décideurs politiques, des acteurs associatifs mais aussi chez chacun de nos concitoyens.

Extraordinaire conquête dans un XVIIIe siècle monarchique, la notion de citoyenneté est utilisée en toute circonstance. Jugé passéiste il y a vingt ans, elle est aujourd’hui comme un nouveau talisman que l’on brandit pour appuyer toute revendication. De statut, le mot citoyen est devenu qualificatif, à tel point que répondre simplement à une question aussi simple que « qu’est-ce que la citoyenneté » devient un exercice difficile.

 

Le concept de citoyenneté

Concept citoyenneté

 

 

Si les critères pour définir les citoyens français sont de nature juridique, il faut rappeler que la citoyenneté n’est pas qu’un concept définissant les droits civils et politiques et les devoirs des citoyens envers la collectivité politique, mais également un ensemble d’obligations sociales et de qualités morales. Le citoyen dispose donc de droits et répond à des devoirs.

 

Le citoyen possède :

  • des droits civils et des libertés essentielles: droit de se marier, d’être propriétaire ; droit à la sûreté, à l’égalité devant la loi, devant la justice et dans l’accès aux emplois publics ; liberté de pensée, d’opinion et d’expression, de religion, de circulation, de réunion, d’association ou de manifestation ;
  • des droits politiques: droit de voter, de se présenter à une élection, droit de concourir à la formation de la loi par la voie des représentants qu’il élit ;
  • des droits sociaux: droit au travail, droit de grève, droit à l’éducation, à la Sécurité sociale.

Le citoyen doit aussi remplir des obligations : respecter les lois, participer à la dépense publique en payant ses impôts, être juré de Cour d’assises… Seuls les droits politiques sont spécifiquement liés à la citoyenneté française. En effet, un étranger, qui ne dispose donc pas de la citoyenneté française, bénéficie des autres droits et libertés fondamentaux, comme les droits sociaux, et doit s’acquitter aussi d’obligations. Si la République Française porte les valeurs de liberté, d’égalité et fraternité la citoyenneté se construit principalement  sur le triptyque civilité, civisme et solidarité.

La civilité induit une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public. C’est une reconnaissance mutuelle et tolérante des individus entre eux, au nom du respect de la dignité de la personne humaine, qui permet une plus grande harmonie dans la société.

Le civisme  consiste à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société et ainsi agir pour que l’intérêt général l’emporte sur les intérêts particuliers.

La solidarité reconnaît que les citoyens composent un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun et correspond à une attitude d’ouverture et d’assistance aux autres.

Ces trois valeurs donnent un sens à la citoyenneté qui dépasse significativement l’exercice du droit de vote.

 

Le portrait-robot du citoyen actif ?

Il ou elle a évidemment plus de 18 ans et participe à la vie de la Cité.

C’est nécessairement un citoyen informé, réfléchi et responsable, conscient de ses droits mais également de ses devoirs. Il développe et fait valoir ses différents statuts d’individu, d’administré et d’électeur. Il adopte un comportement empreint de respect et de politesse. Il fait preuve d’une conscience et d’une morale sociale, d’un sens politique et d’une curiosité culturelle.

Le citoyen actif témoigne d’une attitude positive dans la vie quotidienne et dépasse ses intérêts individuels pour favoriser l’intérêt collectif. Il est usager et acteur de son territoire et participe au bien-être de la société.

 

Et que serait-une ville citoyenne?

Une ville citoyenne porte l’ambition politique d’apporter du sens à la citoyenneté et de prôner la citoyenneté comme une valeur forte du territoire.

Une ville citoyenne accompagne la responsabilisation des citoyens dans leur rôle dans la Cité, soutient l’éducation à la citoyenneté et encourage le vivre ensemble.

Une ville citoyenne contribue à l’émancipation de la conscience citoyenne en encourageant l’implication des citoyens, en les soutenant et en les reconnaissant comme acteurs de la Cité.

Une ville citoyenne développe une relation de confiance entre municipalité et citoyens en favorisant la proximité et l’écoute.

Une ville citoyenne implique le citoyen dans le fonctionnement de la gouvernance en assurant la représentativité des citoyens, en déployant des dispositifs de démarches participatives et en tenant compte de l’expertise d’usage des citoyens.